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  JEUNE RESISTANCE 24


DOSSIER : LES TROTSKISTES DE LA REPUBLIQUE



Les trostskistes de la république
Rencontre avec les trostskistes
Trotskisme, entrisme et manipulation



Dans le doux ronron printanier de l'information quotidienne de ce mois de juin 2001, une étrange nouvelle est venue nous sortir de notre torpeur : Lionel Jospin serait une taupe trotskiste infiltrée au sien du PS. Un secret de polichinelle. A la faveur de la course élyséenne, les médias nous révèlent publiquement l'influence non négligeable d'un courant trotskiste sur la vie politique française. Si négligeable qu'il aurait même contaminé le PS.
Or, cela fait maintenant 60 ans que les militants trotskistes s'appliquent méthodiquement à élargir leur périmètre de nuisance. 60 années d'un travail méticuleux et acharné qui, aujourd'hui seulement, semble être payant. En effet, jamais la France n'aura autant vécu au rythme des oukases de ces maniaques de la révolution. Ils n'apparaissent nulle part, mais leur discours est partout. Pas une manifestation ou un mouvement social ne prend corps dans notre pays sans que l'on y détecte, en trame de fond, la main machiavélique d'une organisation trotskiste. La France sur ce point reste une exception. Qui sont-t-ils réellement ? Quelle est l'étendue de leurs réseaux et quel est leur véritable pouvoir en France ? Mais la vraie question reste de savoir dans quelle mesure notre république n'est pas devenue un bidule trotskiste.

Tout commence le 3 septembre 1938, lorsque Léon Trotski, né Léon Davidovitch Bronstein, fonde la IVème internationale, pour concurrencer l'internationale Stalinienne. La guerre de succession qui agite le Parti Communiste Soviétique après la mort de Lénine s'est terminée par la victoire de Staline et l'exil de Trotski. Pour dissimuler l'aspect peu politique de cette querelle de personne, Léon doit échafauder une ligne de fracture idéologique entre lui et Staline afin de justifier sa dissidence. Ainsi naît la théorie de la révolution permanente. Trotski avançait l'idée qu'il fallait pousser la révolution hors de la Russie alors que Staline considérait qu'il fallait au contraire faire une pause pour consolider le régime soviétique. En fait le désaccord reste superficiel. Bien avant la mort de Lénine, les bases pour que le communisme devienne un totalitarisme sanguinaire sont déjà jetées. Un hypothétique règne de Trotski sur l'URSS aurait peut-être même été pire que celui de Staline. Pourtant, les trotskistes, aujourd'hui encore, jouissent d'une meilleure image que les staliniens, alors que leur fanatisme et leur intransigeance ont de quoi inquiéter. En fait, ce sont des communistes de la plus stricte obédience idéologique, des dogmatiques pur jus.
L'histoire du trotskisme n'est qu'une succession de création de mouvements qui se scissionnent en deux, puis en quatre, changent de nom deux à trois fois puis finissent par disparaître ou être dissous, pour mieux réapparaître. Aujourd'hui, seuls trois mouvements trotskistes subsistent. Ils perdurent depuis plus de quarante ans et méritent que l'on s'intéresse à eux : Lutte ouvrière, La ligue communiste révolutionnaire et le Parti des travailleurs.

LO ou les moines soldats du Trotskisme.

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, autour de Barta, un militant hongrois, un groupuscule se constitue : l'Union communiste internationaliste, ancêtre de l'actuelle Lutte ouvrière. Dés cette époque, les caractéristiques principales du trotskisme à la sauce L.O. se mettent en place : un ouvriérisme sans limites et un mode de fonctionnement clandestin. Encore aujourd'hui le discours populiste de LO traduit la volonté qu'a cette organisation d'orienter son message exclusivement vers les travailleurs et les milieux ouvriers. Pour cette raison, LO a tendance à snober les mobilisations sur les thèmes de société. Ce qui compte, c'est d'encarter des travailleurs. Arlette Laguiller reflète parfaitement cette intention de dissimuler, derrière un personnage "populo" sympathique, la nature extrémiste et fanatique du mouvement. Pour preuve, le soutien de LO à la guérilla du Sentier lumineux (1). Les partisans sanguinaires de cette organisation clandestine péruvienne ont massacré la population civile du Pérou pendant 20 ans (on leur attribue 23.000 victimes) au nom d'un maoïsme intégral. Leur leader Abimael Guzm?n, aujourd'hui sous les verrous, déclarait en 1988 "Le triomphe de la révolution coûtera un million de morts". Tout un programme !
Lutte Ouvrière se veut un parti révolutionnaire clandestin. Son adresse se résume à une boite postale et son président, un mystérieux Mr Hardy, reste un inconnu (Arlette n'étant que porte-parole du mouvement). Dans les faits, LO revêt plus les apparences d'une secte que d'un parti clandestin. Ses dirigeants sont tenus au célibat, le multi-partenariat sexuel d'un militant peut être un motif d'exclusion et les homosexuels sont refusés. L'organisation du mouvement est super hiérarchisée et cloisonnée. Un endoctrinement interne entretient une paranoïa telle que certains militants flirtent avec la folie. Le mouvement voue un culte à l'imagerie prolétaire. Cependant, peu de militants LO étant issus des milieux ouvriers, ceux-ci en rajoutent dans les airs populos et finissent par ressembler à une caricature de beauf. Tous ces efforts pathétiques n'effaceront pas le fait que 40% de leurs sympathisants gagnent plus de 20.000 Frs par mois.
Les postulants, qui veulent entrer dans l'organisation, voient leur vie disséquée et sont soumis à des épreuves psychologiques (isolement prolongé sans aucun contact avec l'extérieur, pas même un coup de téléphone). Il faut une à deux années pour qu'un nouveau militant soit considéré comme fiable par les instances dirigeantes. Les forts en gueule sont immédiatement éliminés. Ceci explique le fait que ses effectifs réels ne dépassent pas les 2000 adhérents, bien que l'organisation en revendique 8000. Bref, on est loin de la drolatique et inoffensive marionnette des guignols.
LO possède néanmoins un solide réseau de militants fanatisés qui lui permet à la fois de déclencher des mouvements sociaux dans de nombreuses entreprises (essentiellement du service public ou des entreprises para-publiques) et de participer à de nombreux rendez-vous électoraux. D'ailleurs, Arlette ne loupe aucune élection présidentielle depuis 1974. Cet acharnement semble être récompensé, car depuis plusieurs années ses scores n'ont cessé d'augmenter pour franchir la barre des 5% aux dernières élections. Il faut dire qu'elle bénéficie d'une faveur suspecte de la part des médias. Ces succès électoraux ont aguiché les babines d'Alain Krivine, toujours à l'affût d'un coup médiatique juteux. Aussi, aux élections européennes de 98, LO et la LCR ont fait liste commune. Drôle d'alliance qui réunissait Trotskos Show-biz et Trotskos populos.

La LCR ou les gauchistes du Trotskisme.

La LCR est né d'un affrontement lors du VIIIème congrès de la IVème internationale en 1952 entre les tendances pablistes et lambertistes. Contrairement aux Lambertistes, les Pablistes reconnaissaient quelques mérites au système léniniste Soviétique, du moins par rapport au système capitaliste. Du "Pablisme" est née la Ligue Communiste Révolutionnaire d'Alain Krivine, grande figure de mai 68. C'est l'organisation trotskiste la plus ouverte et sa spécialité reste l'agit-prop (agitation propagande). La tiédeur de ses prises de position vis-à-vis du problème palestinien a toujours laissé planer un doute sur les rapports qu'Alain Krivine entretiendrait avec le Mossad (Service secret israélien). Cette rumeur n'a jamais pu être confirmée. Cependant, il est vrai que la composition du bureau politique de la LCR, lors de sa création, laisse perplexe. En effet, un seul de ses membres n'était pas juif (2) ! L'Israélien Yaïr AURON, dans son livre "Les juifs d'extrême gauche", développe d'ailleurs une idée fort intéressante. Il présente l'engagement communiste d'un grand nombre de juifs occidentaux comme "une quête identitaire fourvoyée". Ceci expliquerait, selon lui, la quantité importante de "radicaux juifs" qui ont finalement tourné "juifs radicaux" pro-sionistes. Benny Lévy, ancien dirigeant de la gauche prolétarienne reconverti en rabbin en Israël ne fait que confirmer cette analyse.
La LCR recrute ses partisans essentiellement parmi les intellectuels de bas niveau, les personnalités médiatiques bidons et les milieux petits bourgeois. La ligne politique de la LCR est un doux mélange d'idées gauchistes recouvertes de la sauce froide du Trotskisme. Dés sa fondation, ce mouvement reprochait aux ouvriers français d'être embourgeoisés (entendez racistes) et pensait que la révolution ne pouvait venir que du tiers-monde. Partant de ce principe, la LCR soutiendra, à travers le monde, tout ce qui ressemble de près ou de loin à une révolution. Malgré la médiocrité de ses intellectuels, la LCR peut compter sur des cadres politiques très biens formés et rodés aux méthodes de la manipulation et de l'entrisme. Ses effectifs, d'environ un millier de militants, ont peu varié depuis 30 ans.
Aujourd'hui, toujours fidèle à sa théorie tiers-mondiste de la révolution, la LCR est surtout connue pour son soutien aux sans-papiers et sa collusion avec les mouvements pro-immigrationnistes. L'immigré jouant ici le rôle du prolétaire que le travailleur français n'était pas digne de tenir. Elle affectionne particulièrement les associations écrans derrières lesquelles elle se cache pour distiller son poison idéologique. On la retrouve derrière Agir contre le chômage (AC), le DAL, la CADAC ou encore Ras l'Front. En fait ces associations sont tout simplement des torpilles trotskistes. Leur force de frappe est impressionnante. Pas une semaine ne se passe sans qu'une réquisition du DAL ne soit médiatisée, même si dernièrement le créneau semble s'être épuisé. Agir contre le chômage, quant à elle, avait défrayé la chronique en 1997 avec ses occupations de locaux de l'ANPE. Rappelons au passage que Christophe Aguiton porte-parole d'agir contre le chômage et militant de la LCR est le fils d'un grand magistrat plein aux as et qu'il profite de la sécurité de l'emploi du service public en occupant un poste bidon aux PTT. Autant dire qu'il est particulièrement mal placé pour parler du chômage. En ce qui concerne le CADAC, association pro-avortement, son porte-parole est une militante de la Ligue communiste révolutionnaire, Merija SURDUT. Mais le fer de lance de la LCR reste sans conteste Ras l'Front. En effet, Emmanuel Ratier a relevé plus d'une cinquantaine de noms de responsables officiels de Ras L'Front qui ont été candidats à des élections pour la LCR (3). Selon lui, le véritable but de Ras L'Front consiste à "récupérer des troupes fraîches pour mener à bien la future révolution communiste". Rappelons au passage que la stratégie du "harcèlement démocratique" chère à Ras l'Front a fini par aboutir à la condamnation de Jean-Marie LEPEN et donc par ricochet à la scission du FN en 1998.
La LCR dispose également de nombreuses sympathies syndicales dans l'opposition CFDT, à la FSU, à l'UNEF réunifié et surtout au syndicat SUD. En fait, né d'un groupe de dissidents de la CFDT, avec Christophe Aguiton comme président et Francine Bavay également membre de la ligue comme adjointe, ce dernier syndicat apparaît être ni plus ni moins un syndicat trotskiste. L'association ATTAC semble également bien infiltrée. Par exemple, la section ATTAC de Meurthe et Moselle tient ses réunions au local de SUD-PTT. D'ailleurs, dans le compte rendu de la réunion du 7/12 on peut lire : "Le GUD tente de renaître de ses cendres pour l'instant ils n'existent pas juridiquement mais ils affichent des autocollants nauséabonds dans les facs". La sincérité des préoccupations anti-mondialistes des Trotskistes d'ATTAC a de quoi faire sourire… ou inquiéter.
Tout ce joli petit monde se retrouve autour de la Fondation Copernic. Fondée par l'historien Jacques KERGOAT, membre du bureau politique de la Ligue à la fin des années quatre-vingt et aujourd'hui décédé, la Fondation Copernic persévère sous l'impulsion d'une équipe d'animation où figure Willy PELLETIER, également membre de la LCR. Cette Fondation regroupe "Christophe AGUITON, figure de proue d'A.C.! et des syndicats SUD, Jean-Claude AMARA, leader de Droits Devant!, Daniel BENSAID, numéro 2 de la Ligue, Madjiguène CISSE, figure médiatisée de la contestation des sans-papiers, Annick COUPE, porte-parole de SUD-PTT., Claude DEBONS, ex-leader des oppositionnels de la CFDT., Jean-Baptiste EYRAUD, président du DAL., Michel HUSSON, auteur du livre "Misère du capital", Alain LIEPIETZ, candidat des Verts aux présidentiels, Gustave MASSIAH, président du C.E.D.E.T.I.M., Merija SURDUTS, porte-parole de la CADAC, Emmanuel TERRAY, anthropologue et porte-parole du Sème collectif de sans-papiers" (4)... Bref tout le gratin de l'extrême gauche parisienne.
L'autre atout de la LCR est son réseau d'anciens militants, les "Ex" comme ils les appellent. Krivine déclare : "On n'abandonne jamais la ligue pour des raisons politiques, mais par découragement. Les Ex, on les retrouve dans les manifs". Dans les manifs peut-être, mais aussi dans les médias, dans les salles de rédaction, dans les cercles privés du show-biz, et même au Parti socialiste. Or comme le laisse sous-entendre Krivine : Trotskiste une fois, Trotskiste toujours. En maigrissant, la Ligue diffuse et trouve de l'écho. Milieu artistique, organes de presse, personnalités : son porte-parole sait joindre tout son petit monde pour mettre en branle la machine médiatique. Ceci explique que les manifestations de 150 pelés du DAL, d'AC et autres associations soient systématiquement relayées par les médias. Car la véritable force de la LCR reste le carnet d'adresse d'Alain Krivine. Autre spécialité du personnage : les pétitions et appels d'intellectuels. On le retrouvera, avec Léon Schwartzenberg et Dan Franck, derrière l'appel des cinéastes contre le projet de loi Debré, dit "l'appel des 59 à désobéir". Si la LCR a réussit à s'entendre avec LO, ce n'est pas du tout le cas avec le parti des travailleurs.

Le parti travailleur ou les taupes du Trotskisme.

Le parti des travailleurs n'est que la énième mutation, après l'Organisation communiste Internationaliste (OCI), le Parti communiste internationaliste (PCI) et le Mouvement Pour un Parti des Travailleurs (MPPT), de la tendance lambertiste du trotskisme. Créé en 1991 autour de Pierre Boussel, alias Lambert, ce mouvement constitue, avec ses 3000 militants, la première force d'extrême gauche. Les Lambertistes sont particulièrement connus pour leur sectarisme et la qualité de leur formation militante. Chaque postulant doit suivre des formations politiques dans le cadre d'un groupe d'étude révolutionnaire, qui se compose d'un stage de formation et d'une période d'observation. Il faut un an en moyenne pour qu'un militant intègre vraiment le Parti des travailleurs. Dans les faits, les Lambertistes forment une secte dont Pierre Boussel incarne le gourou tout puissant et incontesté L'organisation entretient ses militants sous pression et sombre parfois dans des délires phraséologiques. Dans les années 70, le comité central de l'OCI débattra pendant 48 heures pour savoir si le slogan du mouvement devait être "Il faut chasser Giscard" ou " Chassez Giscard". Inquiétant, n'est-ce pas ?
Electoralement ce mouvement ne représente rien. Pierre Boussel, candidat aux présidentielles de 1988 sous l'étiquette " MPPT ", n'obtiendra que 0,38 % des suffrages exprimés. De plus, Les Lambertistes ont dû renoncer aux présidentielles de 1995 et aux européennes de 1999.
Mais la véritable force de L'ex-OCI s'incarne dans sa longue pratique de l'entrisme et de l'infiltration. C'est ainsi que par leur activisme et la synergie de leurs réseaux, les Lambertistes ont pris le contrôle du syndicat "Force Ouvrière", Marc Blondel n'étant qu'une marionnette entre leurs mains. Via FO, ils noueront des contacts avec le RPR et prendront le contrôle de l'AFP (Agence France Presse). Ils ont également investi "Continuer la CGT", un courant opposé à la direction de la centrale syndicale, et tentent de coller aux plus orthodoxes des militants communistes autour du "Non à Maastricht". Les Lambertistes ont également su acquérir, en tenant un discours très laïciste, des postes clés dans la franc-maçonnerie, particulièrement au sein de la loge du Grand Orient, de la grande loge mixte de France et de la grande loge féminine de France (5). On retrouve également les Lambertistes derrières les associations dites "de défense de la démocratie communale".
Cependant, aujourd'hui le Lambertisme vaut moins par ce qu'il est que par ce qu'il a été. Les années 70 seront les grandes heures de l'OCI. Le mouvement peut alors compter sur une organisation de jeunesse de plusieurs milliers de membres (AJS) et encore plus de sympathisants, parmi lesquels Claude Chirac, la fille de Jacques. Nombreux sont les hommes de théâtre, de cinéma, de spectacle qui rejoignent l'AJS ou l'OCI. On notera Bertrand Tavernier, Pierre Arditi, Juliette Binoche, Jean-Jacques Goldman et beaucoup d'autres. Seul Alex Métayer reste encore aujourd'hui un indéfectible soutien de Pierre Lambert. Durant cette période, l'OCI va prendre le contrôle du syndicat étudiant UNEF-ID et se mettra massivement à noyauter le PS. Du reste, nous savons désormais que Lionel Jospin n'était en fait qu'une taupe de l'OCI infiltré au sein du Parti Socialiste. Dés 1970, il sera responsable au sein de l'OCI d'une AMIC, structure clandestine permettant de garder un contact discret avec les taupes en faction. Il est avéré que les contacts de Lionel Jospin avec Pierre Lambert se poursuivront jusqu'en 1987. C'est-à-dire après la scission de Cambadélis. En 1986, après plusieurs rencontres secrètes avec François Mitterrand, Jean-Christophe Cambadélis quitte le PCI avec plus de 400 militants pour s'en aller au PS, emportant avec lui la direction de l'UNEF-ID. Ils y retrouvent nombre d'anciens entristes qui ont rompu le lien avec l'OCI. Les militants qui partent sont parmi les plus importants de l'organisation lambertiste et cette scission sera le pire coup jamais porté au PCI. Si l'on comptabilise tous les anciens infiltrés, les infiltrés toujours en activité et les wagons de ralliés comme Jean-Christophe Cambadélis (PCI) ou Julien Dray (LCR), on n'ose imaginer le nombre de trotskistes ou d'ex-trotskistes qui doivent grouiller au sein du PS. Ils sont peut-être plusieurs milliers, dont la plupart occupent d'importantes responsabilités. Le PS est donc loin d'être un sympathique parti composé de sociaux démocrates mous !

Les trotskistes sont financés avec l'argent de la république.

Tous les militants trotskistes (LO, LCR et PT confondu) ont, en général, peu d'inquiétude à se faire pour leur carrière professionnelle. Ils sont massivement fonctionnaires ou employés d'entreprises para-publiques comme les PTT, la SNCF, EDF, France Télécom ou encore… le Crédit Lyonnais (200 Milliards de déficit renfloués avec l'argent des contribuables). Rappelons qu'Arlette était payée plus de 15.000 Frs/mois à ne rien foutre au Crédit Lyonnais et que l'on aurait aimé entendre son avis sur les malversations de son embaucheur. Curieusement, notre Torquemada du trotskisme n'a pas dit un mot. L'ensemble des militants trotskistes est logé à la même enseigne. Les trois-quarts du temps, ils sont permanents syndicaux, c'est-à-dire qu'ils sont payés par l'état pour militer. La France compte 100.000 permanents syndicaux, dont la grande majorité est concentrée dans les services publics.
La république est un gros fromage que nos amis trotskistes ont investi en bloc. Ils veulent bien faire la révolution, mais bien payé avec un travail pépère et la sécurité de l'emploi, s'il vous plait. Les ouvriers du secteur privé, eux sont mis à contribution seulement pour payer les impôts et couvrir les salaires des permanents syndicaux. Ce sont des millions, voir des milliards, qui partent tous les ans dans les poches de partis pseudo-révolutionnaires, de syndicats omnipotents et d'associations subventionnées. Complice, l'état républicain arrose.
Dans un entretien à l'hebdomadaire Marianne, daté du 25 juin, Olivier Spithakis, ancien directeur général de la MNEF et proche de Cambadélis, met en cause le Parti socialiste dans le financement de l'OCI. Il déclare : "Nous nous rendions discrètement au siège du PS, rue de Solferino. Un collaborateur du trésorier du Parti socialiste nous remettait dans un sac plusieurs centaines de milliers de francs en liquide. Nous transmettions ces grosses sommes à l'UNEF et à l'AJS (Alliance des jeunes pour le socialisme), filiale de l'OCI. ".
Parfois, ces bonnes âmes, soit disant amis des travailleurs, n'hésitent pas à détourner l'argent des contribuables pour se remplir la panse. En juin 1986, des membres du PCI, responsables FO de la caisse primaire d'assurance maladies de Paris, seront mis en cause dans une histoire de détournement d'argent public. En effet, L'équipe cégétiste qui leur a succédé, découvre que le budget 1986 de caisse primaire d'assurance maladies a été entièrement dilapidé en six mois et que les livres comptables indiquent près d'un million de francs de sorties en liquide.
Ils ont les poches pleines de biftons, nos révolutionnaires. L'OCI dans ses plus grandes heures, entretenait plus de 300 permanents et s'offrait même le luxe de verser une retraite complémentaire à ses militants. L'anniversaire des cinquante ans de Krivine ne s'est ni déroulé dans les hangars des dockers de Marseille, ni dans les grises usines Peugeot de l'Est de la France. Non, il s'est tout simplement déroulé dans les studios… d'AB production. Krivine boit du champagne avec l'argent de "Hélène et les garçons" et les travailleurs français trinquent. Julien Dray, quant à lui, ancien militant LCR et à l'origine de SOS Racisme, se fait surprendre en train de payer cash une montre en or d'une valeur de 200.000 Frs. Tous ceci est suffisant pour comprendre que nous avons affaire à des révolutionnaires très bien nourris qui se comporte souvent en simples escrocs.
Que nos trotskistes ne s'inquiètent pas, la république couvrira de son voile blanc tous leurs écarts rougeoyant. Car comme le déclarait Raymond Abellio : il n'y a pas meilleur flic qu'un communiste. La dérive carcérale des pays de l'ex-bloc de l'Est ne fait que confirmer cette thèse. Car au final, de leur petite tête pleine de nœuds, il n'en sort qu'un sombre liquide fait de suspicion, de complexe, de haine de soi et de crainte. Bref, tous les ingrédients nécessaires pour faire un bon flic. Or la république a bien compris qu'elle pouvait compter sur ses chiens de garde trotskistes pour protéger la maison, aussi les nourrit-elle largement. Le très souverainiste, Jean-claude Barreau ne confessait-il pas qu'un ex-trotskiste fera toujours un très bon républicain ?



(1)   L'Humanité, édition du 20 mai 1997, s'étonne qu'Arlette Laguiller ait accueilli les représentants du Sentier lumineux, les 17, 18 et 19 mai 1997, lors de sa fête annuelle à Presles.
(2)   Bulletin de liaison des études sur les mouvements révolutionnaire (1ère année - N°1, décembre 98)
(3)   "RAS L'FRONT", Emmanuel Ratier, "FAITS & DOCUMENTS", BP 254-09, 75424 Paris Cedex 09, France.
(4)   Document secret des Renseignements Généraux rendu public par "L'investigateur-hebdo"
(5)   "Cet étrange Monsieur Blondel", Christophe Bourseiller aux éditions Bartillat



Karl Hauffen





Rencontre avec les trostskistes



Les trotskistes, on en parle beaucoup en ce moment. La raison principale : Jospin, premier ministre, sort de ce milieu, plus exactement d'une fraction de celui-ci. Celle des lambertistes dirigée par Roussel. Les lambertistes font beaucoup moins de voix aux élections que Lutte Ouvrière d'Arlette Laguiller ou que la LCR de Krivine. Mais alors qu'ils ne comptent que quelques milliers d'adhérents, ils ont une capacité d' " entrisme " considérable.
C'est cette capacité d' " entrisme " (à Force Ouvrière, la Sécurité Sociale, à la MNEF, au Grand Orient) qui les distingue, à mon sens, des communistes. Mais tous deux sortent de la même école de combat politico-militaire : l'école marxiste-léniniste.
J'ai été en contact avec des éléments trotskistes en 1938-39, alors que je préparais Normal Sup' au Lycée Henry IV. J'avais adhéré à la Fédération des Etudiants révolutionnaires, née d'une scission des étudiants socialistes, et qui rassemblait outre ceux-ci, des pacifistes, des jeunes du PSOP (1) -c'était mon cas- et des trotskistes.
Je n'ai pas conservé beaucoup de souvenirs de mes contacts avec eux. Je me souviens par contre, alors que j'étais de garde aux locaux avec un garçon qui s'appelait Yves Jouffa, de la visite que lui fit un certain Curiel, à qui, bien des années plus tard, je devais consacrer un livre (2).
La guerre survint. Mobilisé au 27e d'Infanterie, je fus fais prisonnier le 18 juin (un jour noir). Je m'évadais le 6 janvier 1940 alors que j'étais transféré dans un convoi vers l'Allemagne, en gare de Chalons-sur-Marne.
J'avais été à fond contre cette guerre absurde. Je me retrouvais à la direction des Jeunesses Nationales Populaires de Marcel Déat. Presque tous les dirigeants des JNP étaient de gauche. L'un d'eux, Albert …, était un ancien trotskiste. Il vit toujours. Il aime à répéter : " Moi qui suis un ancien " trotsko " ".
Il y avait dans nos rangs d'autres trotskistes. Un certain Roger Foirier signait Roger Folk les affiches des Jeunesses. Sa femme donnait des leçons de culture physique aux filles des JNP. Roger fit adopter par la direction des JNP des chants allemands des Rote Falken (Faucons rouges), organisation allemande d'extrême gauche, traduits en France moyennant certaines petites modifications (JNP remplaçait " Faucons rouges ").
J'ai conservé aussi le lointain souvenir d'un certain Filoche. Quelques ouvriers trotskistes opéraient aussi dans les rangs des RNP.

" Entrisme "

Ce que nous ne soupçonnions pas, à l'époque, c'est qu'à l'exception d' " Albert ", ils effectuaient chez nous un travail d' " entrisme ".
A la Libération, ils se tirèrent fort bien d'affaires. Quand Roger Foirier mourut, il eut droit dans " Le Monde " à un papier fort élogieux. C'est la force des trotskistes. Leur capacité de noyautage est particulièrement performante chez les lambertistes.
Boussel possède assurément un dossier très dense sur les activités occultes de Jospin. S'il le faisait paraître, le livre ferait un tabac. Je doute qu'il le fasse.
Les deux autres organisations trotskistes, en particulier la LCR, ont elles aussi envahi le secteur culturel. Notamment les médias.
Je ne citerai ici que deux cas : Edwy Plenel est rédacteur en chef du " Monde " et Feldschuah dit Michel Field opère à France 3.
On retrouve bien d'autres trotskistes dans les chaînes de télévision, à la radio ou dans les maisons d'éditions.
Mais en définitive, en matière de "praxis" (organisation), appareil, agit-prop, domaines où "l'Extrême droite" est à peu près nullarde, j'ai appris beaucoup plus des anciens communistes staliniens que des trotskistes.
Mais ceci est une autre histoire.

(1)  Parti Socialiste Ouvrier et Paysan, dirigé par Marceau Pivert, dissident de la SFIO

(2)  "Le Réseau Curiel ou la subversion humanitaire", Editions Picollec.



Roland Gaucher





Trotskisme, entrisme et manipulation



La particularité des mouvements communistes révolutionnaires et des organisations trotskistes en particulier réside dans la dimension clandestine de l'action militante. Cette part de clandestinité est essentiellement matérialisée par la culture du secret qui traverse ces groupuscules et par le noyautage d'organismes publics ou politiques. L'activité de certains mouvements comme l'organisation communiste internationaliste (OCI) se résume à une unique stratégie d'entrisme tout azimut en direction des syndicats, des loges maçonniques, des associations publiques, des organismes d'états et autres structures influentes de la république. Avec plus de 60 années d'existence, les trotskistes ont donc élaboré des techniques d'infiltration que cet article s'efforcera de mettre en lumière afin de les énumérer pour, peut-être, tenter de s'en inspirer.
Début des années 90, de nombreux éléments de Nouvelle Résistance (Suite de Troisième Voie) décident d'infiltrer lourdement "Ecolo-J", la structure jeune des Verts. A l'époque, il existait des convergences. En effet, Jean Brière, l'un des dirigeants des Verts, avait écrit un article dans "Nationalisme et République" de M. Schneider (il sera d'ailleurs exclu par la suite pour anti-sionisme). Une circulaire interne du mouvement NR invita alors les cadres à s'encarter au sein de la structure jeune des Verts afin de prendre des responsabilités localement. Cette initiative s'inscrivait dans l'espoir illusoire de constituer un front uni anti-système alliant mouvements régionalistes, écologistes et certains groupes communisants. Quelques mois avant le congrès des Verts à Strasbourg, le nombre d'éléments infiltrés était d'une cinquantaine, ce qui représentait à l'époque environs 1/3 des adhérents d'Ecolos-J. Nombreux et bien organisés, les militants NR comptaient présenter une motion radicale préparée par la direction de Nouvelle Résistance.
Malheureusement, cette tentative échouera. Une série d'exclusions frappera les militants NR deux jours avant le congrès. Ils avaient été repérés, sûrement par manque d'expérience et de cloisonnement. L'opération d'infiltration sera alors vite circonscrite et réduite à néant.
Bizarrement, la tradition politique de notre courant de pensée n'est pas du tout familiarisée avec une vision clandestine de l'action militante. En effet, alors que nous incarnons la seule véritable opposition au système actuel, nos actions militantes n'échappent que trop rarement à l'horizon purement électoral. Tous les mois, de nouvelles lois sont promulguées contre nous, des militants et des intellectuels sont condamnés ou emprisonnés. Pas une journée ne se passe sans que des signaux nous indiquent que les régimes occidentaux ont définitivement basculé dans une logique répressive et tyrannique. Pourtant, nous agissons comme si nous étions encore en démocratie. Les trotskistes, quant à eux, ne se sont jamais fait d'illusions sur la réalité des libertés que nous octroie le système capitaliste. Ceci les a amenés, dés le départ, à agir en conséquence, notamment en créant toujours une structure clandestine parallèlement à la vitrine officielle et en privilégiant l'entrisme au sein des organismes influents du régime.

Pourquoi l'infiltration et comment choisir ses cibles?

Deux stratégies différentes peuvent motiver un travail d'infiltration. Celle de la Ligue Communiste Révolutionnaire qui pousse à durcir les actions, à les globaliser, à dégager des franges oppositionnelles au sein des corps noyautés et celle du Parti des Travailleurs où seule compte la conquête de l'appareil. Quel que soit l'objectif à atteindre, une opération d'infiltration doit être pensée sur le long terme. Pierre Lambert/Boussel l'a bien compris quand il prépare ses militants à refuser les dividendes rapides et à ne rien attendre dans l'immédiat. Il faut savoir compter en dizaine d'années, lorsque l'on veut, par exemple, prendre le contrôle d'un syndicat. Voir loin, c'est aussi refuser la médiatisation séduisante. Dans les années 70, des militants lambertistes qui après s'être laissés filmer par un jeune cinéaste pour un reportage sur l'OCI, changent d'avis, menacent le reporteur puis finissent par voler les négatifs dans le laboratoire photo ou ils étaient conservés. Apprendre à refuser l'illusion de la notoriété médiatique, c'est apprendre à agir sur le réel. Force est de constater que l'on est loin de la stratégie des grandes heures du Front National, celle des petites phrases chocs, des coups d'annonce bidon et des syndicats "télé-virtuels".
Le choix de la cible doit également être bien pesé. Il ne s'agit pas d'investir des organisations extrémistes ou aux antipodes de nos positions politiques mais plutôt des structures molles sans connotation radicale ou alors aux marges de nos idées. Il vaut mieux se focaliser sur des partis politiques influents qui jouissent d'une image de centriste ou d'écologiste et des syndicats peu politisés. Il n'est pas question d'infiltrer la CGT ou le Parti Socialiste. Nos amis trotskistes ne cherchent pas à infiltrer le RPF, ils concentrent l'essentiel de leurs actions sur la galaxie des mouvements de gauche, qu'ils soient sociaux démocrates, radicaux de gauche ou anarchistes.

Etre organisés et savoir employer la ruse

Une fois la cible fixée commence la phase la plus délicate. Cette étape exige un mouvement politique cohérent avec des militants archi-formés, une direction incontestée et des ordres réfléchis et clairs. L'exemple en la matière reste sans conteste les lambertistes. Chaque nouvelle recrue est prise en main et suit pendant plus d'un an un cycle hebdomadaire de formation dans le cadre des Groupes d'Etudes Révolutionnaires (GER). Si le nouveau militant est un fonctionnaire occupant une place importante dans l'administration, comme Jospin dans les années 70 en poste au ministère des affaires étrangères, il est séparé du groupe et formé dans le plus grand secret afin de ne pas le faire repérer par les Renseignements généraux. A l'intérieur de l'organisation les militants fonctionnent avec des "Blazes", c'est à dire des pseudos. Personne ne s'appelle par son vrai nom. Une fois les militants sortis des GER, ils sont fins prêts pour effectuer un travail de noyautage méthodique et implacable. Tous les ordres sont compris et exécutés, même ceux qui consistent à avancer sous d'autres bannières politiques. Ils savent que la politique c'est avant tout l'art de la ruse. Pierre Boussel n'a cessé de leur le leur répéter.
Lorsqu'ils investissent un syndicat, ils pratiquent un entrisme double. Certains avancent à ciel ouvert en cachant à peine leur penchant trotskiste, pendant que d'autres, clandestins, s'élèvent dans la hiérarchie du parti. Si cela ne suffit pas à brouiller les pistes, ils créent au sein de l'organisme noyauté des tendances politiques sans rapport avec le trotskisme. Le très lambertiste Alexandre Herbert créera, à l'intérieur de FO, une union des anarcho-syndicalistes (UAS) qui prétend regrouper les anarchistes adhérents du syndicat. En fait, Bourseiller nous apprend que cette structure, "en dépit de la sincérité d'une partie des ses membres, n'a jamais servi qu'à dissimuler les actions des lambertistes" (1).
Lorsque les hommes de Boussel s'infiltrent, ils commencent par se rendre indispensables en prenant en charge les tâches les plus difficiles et ingrates. Il leur est aisé, par la suite de contrôler les rouages des mouvements pour finalement parvenir au sommet. Une fois en place, il s'agit de ne pas griller les éléments infiltrés. Aussi, des cercles clandestins appelés les AMIC permettent-ils aux militants en fraction de garder un contact hebdomadaire avec le mouvement. Chaque AMIC regroupe à peine quelques militants sous la direction d'un délégué du parti. Plus rien d'officiel ! On évolue dans un univers complètement cloisonné. La clandestinité forcée des taupes est telle, que cela provoque parfois des situations comiques. En 1975 dans le cadre des élections du CROUS, l'OCI présente sous l'étiquette UNEF-ID, Denis Sieffert qui avance ouvertement sous l'étiquette trotskiste. Son grand rival de l'UNEF-renouveau (proche du PCF), Paul Robel, sévèrement agressé par les militants de l'OCI, se révèlera être lui aussi un lambertiste infiltré. Le cloisonnement à l'intérieur de l'organisation est si étanche que des militants de l'OCI en ont lynché un des leurs sans le savoir. Car les trotskistes savent également donner dans la castagne. En 1971 lorsque l'UNEF implose, staliniens et lambertistes se retrouvent face à face. Cette fois, les trotskistes doivent résister physiquement aux charges des communistes. Ce qui n'est pas une mince affaire. Sous la poigne de fer de Pierre Marcelle et surtout de notre ami Patrick Gofman (aujourd'hui journaliste à "Minute"), le service d'ordre de l'OCI réussira à tenir et livrera sur un plateau l'UNEF à Pierre Boussel.
Si la prise de l'UNEF par les lambertistes est un beau trophée, celle de FO constitue un exemple en la matière. Leur stratégie pour prendre le contrôle de FO est simple : Soutenir vaille que vaille les dirigeants du syndicat pour conquérir leur confiance et gravir les échelons hiérarchiques. On retrouvera également cette stratégie appliquée à la FEN. Qu'importe que leurs dirigeants soient un peu éloignés des positions politiques du mouvement ! L'objectif est de les rendre dépendant du soutien des trotskistes afin de peser à terme sur la ligne du syndicat. Pour mener à bien cet objectif tout est bon, même les faux reniements. On verra des lambertistes, infiltrés à FO, signer un communiqué dénonçant l'idéologie communiste. Ils savent attendre pour mieux refermer le piège sur sa proie. Aussi, quand l'autorité d'André Bergeron, alors dirigeant de FO, sera contestée par la montée en puissance des socialistes, le méticuleux travail des lambertistes va lui sauver la mise en structurant une deuxième gauche, hostile à la main-mise des partis sur le syndicat. Désormais, Bergeron est prisonnier du soutien des trotskistes. Savoir jouer avec les dissensions internes pour avancer leurs pions reste une pratique dont ils usent fréquemment. Aujourd'hui, on retrouve les lambertistes dans "Continuer la CGT", un courant opposé à la direction syndicale. Il n'est pas impensable qu'un jour les lambertistes prennent également le contrôle de la CGT.

Rayonner au-delà de sa sphère politique

Les taupes en place remplissent également le rôle de rabatteur. En convertissant des éléments, non seulement ils consolident leur enracinement, mais ils étendent également leur cercle d'influence. Lorsqu'à la fin des années 50, le dirigeant socialiste Marceau Pivert se laisse convertir, il amène avec lui ses réseaux personnels qui serviront largement aux lambertistes pour pratiquer l'entrisme dans la social-démocratie.
Les trotskistes sont de véritables stakhanovistes de l'activisme, ils n'arrêtent jamais. Pour ramener de nouveaux militants, ils ne manquent pas d'imagination. Tous les subterfuges sont bons. Ils savent avancer derrières des associations faussement apolitiques qui se focalisent sur un sujet de société ou d'actualité pour l'orienter politiquement. Grâce à elles, ils recrutent aux marges de leur sphère idéologique. Avec le très consensuel combat antifasciste, les trotskistes ont trouvé là leur meilleur réseau de recrutement. Du pain béni pour eux. Ils ont du être nombreux, ces jeunes naïvement antiracistes qui ont fini trotskistes en rejoignant "Ras l'Front". Lors de la guerre d'Algérie, les membres de l'OCI avaient également largement rayonné au-delà des cercles communisants en dénonçant ce conflit et en soutenant les indépendantistes algériens du Mouvement National Algérien (MNA) de Messali Hadj. Manque de chance c'est le FLN qui finira par s'imposer. Tant pis, c'était bien tenté.
Le soutien aux immigrés, l'avortement, les bavures policières, le chômage, les sans-abri… Tous les sujets de société sont exploités et politisés. Car ils ont bien compris que le politique est partout, à tous les niveaux de la vie quotidienne. Lorsque des grèves éclatent, ils savent les récupérer et les manipuler en créant des coordinations trompeusement apolitiques. En fait, ces coordinations entièrement contrôlées par des éléments trotskistes, ôtent du contrôle des syndicats non-trotskistes les mouvements sociaux afin de les radicaliser et d'en orienter les revendications.
Il est clair que nous avons affaire à des professionnels de la politique et de l'activisme. Cependant, il ne s'agit pas d'appliquer au pied de la lettre leur façon de fonctionner, mais plutôt de s'en inspirer afin de juger nos actes à travers le prisme de leur modèle. Car attention ! Le danger de leur logique s'incarne dans un fanatisme obtus et intransigeant. Si elles sont parfois nécessaires, les mouvements trotskistes connaissent trop régulièrement des purges internes excessives. La contradiction n'est pas permise et est instantanément sanctionnée. Ceci les amène souvent à évoluer trois mètres au-dessus du sol, dans un univers dogmatique complètement déconnecté du réel. La ligne du parti fixée, la machine idéologique s'emballe, commence par déformer les faits et finit par nier la réalité. On se retrouve alors aux portes de la folie…



(1)"Cet étrange Monsieur Blondel", Christophe Bourseiller aux éditions Bartillat.


Eric FLECKSTEINER