Retour au sommaire du numéro
  JEUNE RESISTANCE 21


CHRONIQUES LIVRES :

Le monde n’est pas une marchandise

José Bové et François Dufour « Des paysans contre la malbouffe » (Ed. La Découverte)

 

Cet ouvrage d’actualité ne se contente pas de faire la lumière sur le « démontage » du Mc Donald de Millau par les membres de la confédération paysanne. Les leaders du mouvement, interviewés par le journaliste Gilles LUNEAU y exposent l’essentiel de leurs analyses. Aux sources du problème, ils désignent l’idéologie productiviste, née avec les pénuries de l’après-guerre et érigée ensuite en dogme inébranlable. Mais ils démontrent ensuite que la malbouffe correspond également à « une perte des racines familiales, et des racines liées à un terroir » et à « l’expression d’un certain vide spirituel ». Le combat mené depuis les années 60 contre le machinisme agricole, l’élevage industriel et la désertification des campagnes peut donc s’inscrire dans une perspective plus générale, identitaire et idé aliste.

José Bové et François Dufour ne se replient pas dans une défense corporatiste des seuls paysans français, d’où leurs critiques à l’égard de la FNSEA et de la politique exportatrice de l’Union Européenne. En revanche, ils s’attaquent vigoureusement au libre échange et à son corollaire, la mondialisation. « La mondialisation, c’est la volonté des libéraux de pouvoir disposer de la planète comme d’un vaste domaine commercial complètement déréglementé, non encadré, permettant d’échanger des marchandises sans retenue et sans référence à une dimension sociale, territoriale ou éthique. C’est un volonté hégémonique du commerce consistant à vouloir tout dévorer. »

Les propositions de José Bové semblent hélas moins pertinentes que son analyse du mal. Il clame son espérance en « un contre-pouvoir citoyen », qui serait né à Seattle. La « solidarité de la contestation globale » ne se réaliserait-elle pas plus efficacement au niveau des Etats, à la condition –révolutionnaire- que les peuples se débarrassent de leurs gouvernements cosmopolites et ploutocratiques  ?

JCB

 

 

 

Pierre Vial « Une terre, un peuple ». (Ed Terre et Peuple)

 

Pierre VIAL nous fait retraverser toute la seconde moitié du 20ème siècle français de l'extrême-droite dans son beau témoignage "Une terre, un peuple". De Jeune Nation au MNR en passant par le GRECE et le FN, Pierre VIAL aura été un observateur et un acteur de premier plan de cette scène politique. On aimera particulièrement ses années de jeunesse avec l'internement et le goût de la lecture révélé par cet emprisonnement, de quoi faire, un amoureux de l'histoire de cette France qu'il rêve renaissante aux rites païens et à l'empire paneuropéen de l'Europe "blanche". Un livre et un témoignage à ne pas manquer surtout si l'on adhère à sa nouvelle organisation "volkisch" Terre et Peuple.

 

Guillaume Faye "la colonisation de l'Europe, discours vrai sur l'immigration" (Ed Librairie Nationale)

Dans "la colonisation de l'Europe, discours vrai sur l'immigration", Guillaume FAYE avec des faits (articles de journaux sur des faits divers de nos banlieues) et des chiffres (statistiques des Ministères et officines spécialisées) remonte le cours du temps pour nous montrer où nous en sommes arrivés en matière d'immigration. Selon cet ouvrage, nous serions colonisés par les bandes "afro-maghrébines" et "l'islam conquérant". L'Islam est un danger majeur qui s'exprime dans les violences de bandes de jeunes issus de l'immigration, cette dernière n'étant qu'une prise progressive du terrain et d'une colonisation du peuple français à la libanaise. Immigration=Danger Immédiat pour FAYE, qui propose en réponse l'Eurosibérie ethnocentrée, c'est-à-dire une fédération ou un empire des Etats européens de race blanche de l'Atlantique à la Sibérie. Beau programme, mais quand on voit comment commence l'Europe à 15, on peut rester dubitatif. En tout cas, même si les inductions de l'exemple à la théorie sont parfois un peu faciles dans ce livre, il a le mérite dans la léthargie gaucho-plurielle où se trouve la France de rappeler d'où vient un des dangers qui nous menace, les autres étant la mondialisation, l'américanisation et la puissance du Lobby judéo-maçonnique.

 

David Brooks “Les bobos” (Ed. Florent Massot)

 

Etre Bobo ou ne pas être Bobo, telle est la question. S'agit-il d'une nouvelle tribu africaine primitive ou "première" décrite par HERGE et dont le Président de la République se serait entiché ? Non, tout simplement "bourgeois" et "bohême", voici donc la gauche plurielle idolâtre et bouffie d'elle-même qui se livre à de l'autosatisfaction dans cet ouvrage de David BROOKS ("Les Bobos", édition Florent MASSOT) venu des Etats-Unis. Jack LANG doit se sentir très "Bobo" mais sûrement pas nous : les rollers, les stocks-options et la musique africaine. Encore les méfaits de la mondialisation dressés ici en parangons de vertu. Un livre à jeter après un bref aperçu comme ces "Bobos" trop superficiels...

Guyonvarch et Le roux "La civilisation celte" (Ed. Ouest-France Université)



Dans "La Civilisation celte", les deux professeurs d'Université de Rennes II, GUYONVARCH et LE ROUX, nous décrivent une civilisation pleine de vitalité et loin des clichés d'Alésia où les Gaulois, les Celtes continentaux, furent écrasés par les Romains et leur Imperium militaire
et centralisateur. Il faut savoir que la civilisation celte est très ancienne, puisqu'elle date de l'âge de fer et que les civilisations d'HALLSTAAT et de LA TENE sont en fait celtes. Les Celtes, peuples indo-européens guerriers, se sont étendus dans toute l'Europe continentale de l'Espagne au Danube, et jusqu'en Asie mineure. Ils ont aussi occupé les îles britanniques, l'Ecosse et l'Irlande, qui seront leurs dernières zones d'influence après l'invasion romaine. Ce livre montre combien les Celtes étaient raffinés et pas de bons sauvages comme l'étude primaire de LA GUERRE DES GAULES de CESAR pourrait le laisser penser : n'oublions pas que les Romains, vainqueurs cette fois-là, avaient de mauvais souvenirs de l'invasion des Gaulois cisalpins jusqu'au Capitole avec BRENNUS. Les auteurs, professeurs de Civilisation
celtique à l'Université de RENNES, montrent aussi comment cette société était organisée suivant la tripartition fonctionnelle chère à DUMEZIL : la fonction sacerdotale (les Druides), la fonction guerrière, la fonction productrice (les artisans, commerçants et agriculteurs). De
même le Panthéon mal compris par les Romains assimilant LUG, dieu de la Guerre et dieu lumineux, à MERCURE, est décrit parfaitement avec la trinité : DAGDA ou TARANIS, dieu jupitérien, OGME ou OGMIOS, dieu de la Guerre et BRIGIT ou BIRGIT, déesse mère, soeur et fille, symbolisant la fécondité et l'amour. Ainsi en lisant cet ouvrage vous connaîtrez tous
les aspects de cette civilisation jusqu'au néo-druidisme moderne, espèce de joyeux paganisme, un peu folklorique, et surtout les légendes et épopées qui ont parcouru l'Irlande et grâce auxquelles nous pouvons étudier les mythes des Celtes car ce sont les seules traces transmises
par la tradition orale, bientô t transcrites par les moines irlandais, qui nous sont parvenues.

Arnaud de Sainte-Espérance

 

 

Frédéric Beigbeder «99 FRANCS» ( Ed. Grasset)

Une phrase à elle seule résume cet ouvrage : "Tout s'achète : l'amour, l'art, la planète terre, vous, moi."

Octave est directeur de création dans ces nouvelles officines de propagande que sont les agences publicitaires. Son travail consiste à vendre à chaque être humain, du rêve, de l'espoir, de la haine, de l'amour. Organisant son offensive à coups de ciels bleus, de voitures puissantes et de mannequins retouchés sur informatique, il anticipe nos désirs et sait que dès qu'un objet est acheté, il est déjà périmé. Octave gagne 150000 mensuellement, habite un appartement luxueux loué par sa société et roule dans un véhicule Porsche de fonction. Il possède une culture mondialiste et emploie un vocabulaire abscons. Sa sexualité se résumé à des attouchements rapides avec une prostituée maghrébine de nationalité française prénommée Tamara. Il réussit à la  promouvoir pour en faire la vedette d’un film publicitaire vantant les mérites d'un fromage maigre, à Miami. Réfléchissant sur les fonds de pensions américains, coupable à ses yeux, d'augmenter le chômage en Europe, il assassine lors de son voyage aux États-Unis, une retraité e habitant en Floride.

 

Frédé ric Beigbeder trace un portrait sans concessions, de l'univers publicitaire.

Travaillant lui-même comme créatif pour de puissantes entreprises, il connaît donc ce milieu particulièrement purulent, qui ressemble trait pour trait à nos sociétés agonisantes. On y glorifie le cynisme, l’apologie de l’argent, le métissage, la dépersonnalisation de l’être humain. Il faut également savoir que le sieur Beigbeder a été licencié, à la parution de ce livre, moyennant cependant, quelques confortables indemnités. On supposait que cette boue drainait son lot d'assistants ignares, de cocaïnomanes à queues de cheval et d'hôtesses liftées au rabot mais à la lecture de ce livre, on se dit que notre société a vraiment atteint le fond. Vous n'achèterez plus jamais vos yaourts après avoir lu la derniè re page.

 

Quelques bons passages :         page 18 à 22

                                            page 45 à 48

                                            page 50 à 56

                                            page 60 à 61

                                            page 75 à ………… .

 

 

Otto M’ BA